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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 17:59

Tous les chemins mènent à Rome…

 

Voir Naples et mourir  (Vedi Napoli e poi muori !)…….Que d’ idées reçues !  Essayons de tordre le cou à l’une d’entre elles !

 

 

Bonheur et épicurisme …

 

     Dans le grand marché du bonheur, Epicure, le philosophe athénien est devenu une marque, l’équivalent de Sopalin ou de Frigidaire dans nos cuisines !

 

A la différence de Confucius , Epictète ou Socrate qui n’ont jamais rien rédigé (ce sont leurs disciples  , faire valoir conciliants qui ont écrit ), Epicure libelle  ainsi sa doctrine  : Inutile de  s’adonner à ses désirs pour être heureux !

 

 Ce n’est pas du tout une philosophie du « bon vivant » (on utilise hélas à tort le terme d’épicurien !)

 

 Bien au contraire, pour être heureux, selon ce fils de magicienne, dont Sénèque disait de sa pratique et morale qu’elles étaient « saines, droites et même austères », il convient d’agir sobrement et se limiter aux seuls désirs qui sont accessibles ; les excès doivent être évités, sinon l’aspiration au bonheur ne sera que souffrance et désordre de l’âme …

 

Bien reçu ?

 

 

 

 

                     Alors, mélangez toutes ces philosophies, éviter Naples, Morire et le Vésuve , rejoignez  Rome , installer vous au pied du monte Pincio sous le   parc de la villa Borghèse dans le jardin délicieux de l’hôtel de Russie , céder à un  épicurisme  à  tendance plutôt hédoniste et  tremper langoureusement vos lèvres dans un verre de  limoncello glaçé !

 

     

 

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 07:21

 

Rêvasser de nos jours dans les allées d’une grande surface constitue une épopée moderniste quasi impossible tant sont attractives les opérations promotionnelles positionnées sur ce qui est communément appelé les «  têtes de gondole » :

 

Au blé complet et aux graines de lin, brioché, avec des pépites de chocolat : c’est à gauche le pain grillé !

Pur Arabica intense et généreux, Espresso spilladente, santuoso, forza deliziozo : c’est à droite le café !

Le supérieur avec ou sans couenne, à l’étouffée, issu de porc de montagne ou de notre savoir faire charcutier : c’est par ici le jambon !

Pondus sur la paille, ramassés à la main comme autrefois ou élevés en plein air, au sol et en liberté :  par là ce sont les œufs !

 

Pas vraiment romantique, tout ça ! Néanmoins la poursuite de ma déambulation ne m’interdit pas de  fredonner un air des années 70 :

             « Laisse les gondoles à Venise

                Le Printemps sur la Tamise

                On n’ouvre pas les valises … »

 

 Et ces « têtes de gondole » m’évoquent inévitablement le « fero de prona » , la figure de proue de la barque noire (servant en théorie à contrebalancer le poids du gondolier) décoré des six sestieri de Venise…

Et me voici gondolier participant à la Regata Storica,  célèbre  course annuelle de la cité lacustre !

Encouragé par Dalida, je parcours avec mon caddy la distance équivalente … dans les allées de Carrefour !

             « Gondolier la la la la la

                Sur ta gondole tu chantais la Barcarolle … »

 

Le duo Sheila - Ringo  prend la relève :

 

                « J’ai oublié le temps et l’heure

                   Je laisse les gondoles à Venise… »

                 

                  Et ce soir, complètement épuisé, bercé par l’air de la Barcarolle de Juin ( extraite des Saisons de Tchaïkowski ) , je  me contenterai d’ œufs au jambon, de pain grillé et  d’un bon café !

               

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 17:54

 

L’inénarrable capitaine Haddock fait sa première apparition dans les aventures de Tintin à la page 14 de l’album « le Crabe aux pinces d’or »  dans les célèbres éditions Casterman.

 

Puis , c’est à la page 53 d’un autre album «  l’Affaire Tournesol « ,   qu’ Haddock  , présenté à l’opéra de Szohôd  à Bianca Castafiore, «  le  rossignol milanais »  qui le prenait pour un simple pêcheur , bredouillait :

Euh…Hoddack…euh…

Haddada…pardon , Haddock

 

 Hergé ne se privait pas de le gratifier d’un visage rouge écrevisse !

 

 

 

Ecrevisse, beauté insaisissable !

 

Nous allons tenter de te capturer selon trois méthodes, plus ou moins agressives…

 

 

 

 

- Technique classique ou industrielle :

     

              - utiliser des filets-balances à écrevisses en métal ou en corde à mailles variables (de 5 à 27mm) dans lesquels sont placés croquettes pour chien, bidoche ou poisson. Nos crustacés d’eau douce en raffolent !

 

 

 

- Technique empirique (expérience personnelle au  bord du lac de Laax dans les Grisons) :

 

 

              - prendre un bâton, nouer une ficelle au bout de laquelle est accroché un morceau de viande (avariée si possible) lestée d’une pierre ; les écrevisses attirées par ce festin inespéré s’accrochent à la barbaque ; les saisir délicatement derrière la tête (attention aux pinces !) et on les jette dans un seau.

 

 

- Technique à la berrichonne (ou à la balzacienne) :

 

 

             - prendre un rabouilloir (grosse branche d’arbre dont les rameaux sont disposés en forme de raquette). Flore Brazier , «  la  Rabouilleuse » de Balzac (Scènes de la vie de province)  effrayait ainsi les écrevisses avec cet instrument de fortune. Celles-ci remontaient le cours du ruisseau et, dans leur trouble, se jetaient dans les engins que le pêcheur avait placés plus loin !

 

        Maintenant , faites votre choix parmi ces trois méthodes ; mais surtout soyez délicat avec l’écrevisse  (comme avec une maitresse !)

 

 Souvenez vous que dans le Bestiaire de la Lune , l’écrevisse représente l’aspect aquatique de la féminité !

 

 

                                 Le délirant, rouge de confusion, vous souhaite une bonne pêche !

 

 

 

              -

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 08:58

 

Les anglais aiment Voltaire, les français ne l’aiment pas.

Il est mort riche, donc ça ne convient pas.

Il n’était pas dévot, donc ça ne convient pas non plus !

 

Moi, c’est surtout rive gauche à Paris, les 308 mètres du quai qui porte son nom que je redoute .

Sur la droite, emprunter le couloir de bus coûte de 90 à 135 euros…

Préférez le trottoir de gauche mais les nombreux antiquaires très spécialisés y sont hors de prix, et la mystérieuse boutique de la Peau de Chagrin n’existe même plus !

 

 Au numéro 3, se faire inviter à diner chez les Chirac est aussi difficile que de se satisfaire du simple œuf mayo « James », hors d’œuvre d’appel (  facturé généreusement 90 centimes !)  de cette institution dédiée à la cuisine bourgeoise qu’est le resto Le Voltaire au numéro 27 !

 

 Il est plus aisé de prendre un verre au bar de l’hôtel du Quai au numéro 19 . Bien que de nos jours souvent déserté  , peut-être y croiserez vous encore  au comptoir , éclusant un Vat 69 servi par Charly , Alain Leroy (alias Maurice Ronet) noceur romantique et désespéré du «  Feu Follet », ( le film de Louis Malle d’après le roman du sulfureux  Drieu La Rochelle) , qui y trainait ses déchirures (  avouant avoir de la délicatesse dans le cœur mais pas dans les mains, ne pouvant ni toucher ni prendre !) et finissait par  mettre fin à ses jours dans une clinique de désintoxication à Versailles.

 

Hélas, les murs de ce petit hôtel de charme sont hideusement graffités , Baudelaire y a enfin terminé « Les Fleurs du mal » et Wagner achevé les presque 5 heures  des amours d’Eva et Walther pour son opéra « Die Meistersinger von Nürnberg » (Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg) !

 

Aussi, tel Candide privilégiant l’optimisme de Panglosse  au pessimisme de Martin , j’ai décidé de ne circuler désormais que plein centre de ce quai dédié à notre symbole des Lumières !

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 11:12

 

 Oyez, oyez, braves gens, le maitre expose ! Il faut s’y rendre !

 

  Comme les abeilles autour de l’entrée de la ruche , agglutinés face au guichetier du musée , nous endurons le stand-by puis , une fois l’octroi acquitté , pénétrons enfin dans le temple magique…

 

Tout est silence, tout est noir ; en fait sur les murs les toiles sont noires…Mais , attention, pas n’importe quel noir ! Il s’agit d’un « outre noir « sur lequel la lumière est sensée se réfléchir !

 

Le ramolli du bulbe, pauvre inculte que je suis ne regarde hélas pas  ce noir plus intensément  bien que ce dernier soit conçu pour  s’associer à la lumière avec laquelle il devrait se lier  intimement afin de remédier à ma morne quotidienneté.

 

Les monochromes de couleur dite fondamentale , loin de me permettre de percevoir une mélodie intérieure , me poussent dans un accès de mélancolie morbide ; cette peinture  noire abstraite inallusive  ne délivre en rien mon ego restrictif ; a contrario je quête un miroir pour glorifier mon romantisme ringard !

 

Après  une heure d’interrogation , de perplexité , je  finis par broyer  réellement du noir.

 

Deux options : courir à la pharmacie , mais l’efficacité du Prozac n’est  pas  immédiate ou bien m’engouffrer dans le ciné le plus proche ; j’opte pour la salle obscure où , j’espère, le presque tout noir sera plus facile à absorber…

 

Le film a commencé ; sur l’écran défilent des paysages lumineux , les femmes souriantes vêtues de saris aux couleurs chatoyantes portent des bijoux clinquants , parlent d’amour et évoluent dans un décor de rêve oriental.

 

 L’intrigue est inexistante, mais , ébloui par ce tourbillon d’images animées ,  d’extases fulgurantes , d’effusions de joie , de vie , de jouissance , j’ai le coup de foudre pour  Bollywood !

 

Béatement  je souris, quitte la salle heureux ; l’accès dépressif est passé, le noir- lumière est oublié et …  pardonnez moi amis ruthénois

 

                                      ça me  soulage !

                                                

                                   

 

   

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 09:12

 

S’endormir avec un robinet qui coule, conduit inévitablement à un bad trip…

C’est le cas cette nuit, où à peine assoupi, une comptine éculée inonde mes conduits auditifs :

 

                    A la claire fontaine

                    M’en allant promener

                    J’ai trouvé l’eau si belle

                    Que je m’y suis baigné…

 

Mais, là où ça coince, c’est que je me retrouve barbotant dans les eaux poissonneuses du lac Kariba en plein Zimbabwe et le frottement d’un poisson-chat électrique m’occasionne une réelle montée d’angoisse, la même qui alarma soudainement un des » deux amis » de la fable éponyme de La Fontaine (qu’il situe bien évidemment au Monomotapa, ancien empire du Zimbabwe !) et l’incita à aller surprendre le second en entonnant la ritournelle :

 

                      Il y a longtemps que je t’aime

                      Jamais je ne t’oublierai…

 

Réveillé enfin par l’accélération de mon rythme cardiaque, je décide finalement de me lever pour mettre fin à ces hallucinations rhodésiennes confuses et fermer le robinet…

 

Ce regrettable pétard nocturne confirme qu’avant de plonger dans les bras de Morphée, il est conseillé  de toujours vérifier l’état de ses joints (de robinet !).

 

                    

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 13:04

 

On te connaît depuis des siècles ; tu es subvenu aux besoins alimentaires des populations les plus anciennes, qui t’ont même  souvent divinisé !

 

 Tu as été affublé d’une kyrielle d’épithètes : doux, éclaté, perlé …

  Tu es fier, parfois très grand, entouré chez nous, en Juillet, d’une couronne de fleurs.

 

 Tu es mon épi, «  je te l’ai bien dit, je n’ai cessé de te le dire « 

 

Et pourtant, le monde te harcèle, te fait souffrir :

  La sésamie, toute rose, s’installe en dessous de tes graines pour te détruire ;

  La pyrale, la nuit, mange tes feuilles avant d’attaquer tes tiges.

 

 Puis, en voulant te protéger de ces deux prédateurs, l’homme a voulu modifier tes gènes, suscitant des polémiques sans fin et tu es devenu pour certains impropre à la consommation !

 

 Et puis,  jadis , j’ai été profondément bouleversé quand Faulkner a osé te mettre entre les mains du vil Popeye pour abuser Temple et profaner son Sanctuaire …

 

Et, malgré cette pauvre fille qui continuait à ânonner : « je te l’ai bien dit, je n’ai cessé de te le dire » ,  je persiste à t’aimer, à te désirer,   mon blé d’Inde, de Guinée, de Barbarie, mon pop-corn ,

                                          Zea , mon épi de maïs !

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 13:03

 

Les femmes souffrent elles davantage lorsqu’elles ne s’épilent pas les jambes que lorsqu’elles utilisent à cette fin de la cire d’abeille ?

Leur position sociale, épilées, est plus conforme à la respectabilité contemporaine !

Et puis, la plus douillette d’entre elles accepte sans sourciller  l’usage froid, chaud ou tiède de cet onguent que  le philosophe des insectes sociaux Maurice Maeterlinck  décrivait comme une « étrange sueur presque aussi blanche que la neige et plus légère que le duvet d’une aile ».

 

 Dans l’Assommoir , Gervaise Macquart , boiteuse au grand cœur qui  astiquait  religieusement (à la cire ?) au début du roman de Zola la commode de sa chambre ,  n’exprimait  elle pas  de cette manière son ascension sociale puis, quand  elle négligeait ensuite « ce grand coquin de meuble à qui il manque un tiroir », sa  souffrance et sa terrible déchéance ?

 

Ainsi, pour prendre de la hauteur, il est préférable d’en avoir à cirer, n’en déplaise à notre ancien Premier Ministre Edith Cresson qui ,dans les années 90 ,fustigeait ainsi  la Bourse !

La cire d’abeille, blue chip du Cac 40, c’est peut-être pour demain !

 

 

 

 

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:58

 

Sestiere de Dorsoduro. Dans la pénombre de la trattoria bruyante et surpeuplée, tout de verre ciselé, gravé et biseauté, le grand miroir vénitien qui me fait face renvoie de moi l’image déformée de ce moine du tableau de Vittore Carpaccio : « les Funérailles de Saint Jérôme ».

Même front dégarni, même paire de lunettes ; seule différence : les miennes, pour un euro de plus, viennent de la collection Tchin Tchin d’Afflelou, les siennes, dont la reproduction est quasiment une première dans une peinture du début 16e siècle (on en avait vu une la première fois en 1352 avec le portrait de Hugues de Saint-Cher par Tommaso da Modena) sont bien sûr issues des verreries de Murano.

 

L’ecclésiastique est aussi concentré à réciter l’office des morts que je le suis à tenter de saisir sous le filet d’huile d’olive traditionnel , entre les feuilles de roquette et les lamelles de Parmigiano Reggiano, les trop fines tranches de carpaccio !

 

Ce triste ersatz  ferait honte au chef Giuseppe Cipriani, qui en 1950, lors d’une rétrospective de Vittore Carpaccio, avait créé à Venise pour une comtesse intolérante à la viande cuite , cette fameuse préparation  de bœuf cru.

 

 Dans la salle, la dégustation s’achève, mes bésicles ne me sont plus utiles ; sur la toile l’office est fini, Saint Jérôme, le traducteur ne retirera plus d’épines de la patte de lions .

Conto ! Les touristes désertent la trattoria.

 

Dehors, le crépuscule tombe sur les Zattere .

 La Sérénissime s’endort  doucement

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 07:25

 

Un zapping fortuit m’amène devant une sitcom totalement débile où , telles des extrasystoles survenant sur un cœur sain , des rires enregistrés se succèdent toutes les deux minutes pour nous lester de quelques hormones antistress !

 

Soudain, le feuilleton nous gratifie d’une scène de rupture sentimentale : La voisine plaque gueule d’amour…Les rires restent dans leur boite. Un vide !

 

Où sont donc les pleureuses professionnelles ?  Les prêtres,  qui ont recueilli pour un gramme d’or ces vierges orphelines de l’Egypte antique, n’ont-ils pas enregistré lors de cérémonies funéraires un condensé de leurs lamentations ?

Les sanglots d’Isis, pleurant son frère Osiris, ne peuvent ils être contenus dans une boite à pleurs ?

 

   «  Pleurer des rivières

    J’en ai pleuré pour toi naguère…

    Pleurer des rivières, à quoi ça sert  

    Pleurer des rivières, à quoi ça sert ? »

   

 

Justement , à une mise en boite ! Chère Victor Lazlo ; pleurer des rivières aurait pu servir à cela …

 

    «  Adieu gueule d’amour

     J’ai besoin de changer d’air »

 

 

Et moi aussi !  Je zappe !

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