Oyez, oyez, braves gens, le maitre expose ! Il faut s’y rendre !
Comme les abeilles autour de l’entrée de la ruche , agglutinés face au guichetier du musée , nous endurons le stand-by puis , une fois l’octroi acquitté , pénétrons enfin dans le temple magique…
Tout est silence, tout est noir ; en fait sur les murs les toiles sont noires…Mais , attention, pas n’importe quel noir ! Il s’agit d’un « outre noir « sur lequel la lumière est sensée se réfléchir !
Le ramolli du bulbe, pauvre inculte que je suis ne regarde hélas pas ce noir plus intensément bien que ce dernier soit conçu pour s’associer à la lumière avec laquelle il devrait se lier intimement afin de remédier à ma morne quotidienneté.
Les monochromes de couleur dite fondamentale , loin de me permettre de percevoir une mélodie intérieure , me poussent dans un accès de mélancolie morbide ; cette peinture noire abstraite inallusive ne délivre en rien mon ego restrictif ; a contrario je quête un miroir pour glorifier mon romantisme ringard !
Après une heure d’interrogation , de perplexité , je finis par broyer réellement du noir.
Deux options : courir à la pharmacie , mais l’efficacité du Prozac n’est pas immédiate ou bien m’engouffrer dans le ciné le plus proche ; j’opte pour la salle obscure où , j’espère, le presque tout noir sera plus facile à absorber…
Le film a commencé ; sur l’écran défilent des paysages lumineux , les femmes souriantes vêtues de saris aux couleurs chatoyantes portent des bijoux clinquants , parlent d’amour et évoluent dans un décor de rêve oriental.
L’intrigue est inexistante, mais , ébloui par ce tourbillon d’images animées , d’extases fulgurantes , d’effusions de joie , de vie , de jouissance , j’ai le coup de foudre pour Bollywood !
Béatement je souris, quitte la salle heureux ; l’accès dépressif est passé, le noir- lumière est oublié et … pardonnez moi amis ruthénois
ça me soulage !