Pierre est tenté de s’inscrire ; il croit en ses chances : tantôt fier et nostalgique, sportif car, en 1937 il a pratiqué un moment la varappe en exécutant à la flûte les premières paroles d’une comptine connue de tous ,sur les chemins de ronde des remparts escarpés d’une forteresse de haute sécurité, tantôt embarquant à Marseille sur la “Malaisie“, un navire d’exploration et prenant le large vers des pays lointains, mais cependant cet homme ,alors médecin hospitalier, s’était trouvé accablé car ,accusé à tort par les nombreuses lettres anonymes d’un mystérieux “corbeau“, en savait trop…
Charles hésite à participer, pourtant ce “fou chantant“ très ambitieux, appréciait également la mer et les routes joyeuses en particulier la Nationale7, savait danser la sardane et la java comme un diable et, tant en été en Seine-et-Oise pour déguster les framboises dans“ le creux des nids de nos mains“ qu’à Rio de Janeiro, extase du Brésil au printemps, avait davantage l’âme des poètes que celle d’un coureur…
Sophie, elle qui déclara dans ses mémoires ne pas être la bonne fille que l’on croyait et avouait n’être ni patiente ni indulgente mais plutôt teigneuse, avait néanmoins un don : fille du créateur des “Six Jours de Paris“ (ce Paris qui lui avait été brillamment conté par un célèbre Sacha, fils de Lucien) celui, sous le patronyme de Rose Bertin d’alléger les silhouettes donc forcément les maillots de compétition…
C’est enfin le départ :
Nos trois compétiteurs enfourchent leur bécane, le challenge est exigent ; qui franchira en premier la lointaine ligne d’arrivée ? Le suspense est à son comble, toutefois dans la paresseuse caravane de ce délire automnal mes fidèles suiveurs ont deviné que :
Pierre “Fresnay“, Charles “Trenet“…mais Sophie “Desmarets“ !