Les anglais aiment Voltaire, les français ne l’aiment pas.
Il est mort riche, donc ça ne convient pas.
Il n’était pas dévot, donc ça ne convient pas non plus !
Moi, c’est surtout rive gauche à Paris, les 308 mètres du quai qui porte son nom que je redoute .
Sur la droite, emprunter le couloir de bus coûte de 90 à 135 euros…
Préférez le trottoir de gauche mais les nombreux antiquaires très spécialisés y sont hors de prix, et la mystérieuse boutique de la Peau de Chagrin n’existe même plus !
Au numéro 3, se faire inviter à diner chez les Chirac est aussi difficile que de se satisfaire du simple œuf mayo « James », hors d’œuvre d’appel ( facturé généreusement 90 centimes !) de cette institution dédiée à la cuisine bourgeoise qu’est le resto Le Voltaire au numéro 27 !
Il est plus aisé de prendre un verre au bar de l’hôtel du Quai au numéro 19 . Bien que de nos jours souvent déserté , peut-être y croiserez vous encore au comptoir , éclusant un Vat 69 servi par Charly , Alain Leroy (alias Maurice Ronet) noceur romantique et désespéré du « Feu Follet », ( le film de Louis Malle d’après le roman du sulfureux Drieu La Rochelle) , qui y trainait ses déchirures ( avouant avoir de la délicatesse dans le cœur mais pas dans les mains, ne pouvant ni toucher ni prendre !) et finissait par mettre fin à ses jours dans une clinique de désintoxication à Versailles.
Hélas, les murs de ce petit hôtel de charme sont hideusement graffités , Baudelaire y a enfin terminé « Les Fleurs du mal » et Wagner achevé les presque 5 heures des amours d’Eva et Walther pour son opéra « Die Meistersinger von Nürnberg » (Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg) !
Aussi, tel Candide privilégiant l’optimisme de Panglosse au pessimisme de Martin , j’ai décidé de ne circuler désormais que plein centre de ce quai dédié à notre symbole des Lumières !