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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 13:06

C’est en dinant un soir dans le fameux restaurant de poissons Le Duc que j’aperçus au fond de la salle un ancien voisin de vestiaire de mon club de sports.

Nous n’avions jamais vraiment conversé mais sa voix assez forte attirait l’attention et j’avais ainsi appris qu’il avait deux passions : la consommation régulière de poissons comme lui recommandait son médecin et l’écriture hebdomadaire à son reliquat familial, des universitaires de Cracovie.

Il se nommait Woyevoda (En Pologne, le voïvode est l’équivalent chez nous du préfet de région et le terme d’origine latine correspondant est duc) ; je ne fus donc pas surpris de le voir attablé dans ce culte établissement devant une belle assiette de Saint-Jacques crues tout en griffonnant sur un papier je ne sais quel message !

J’avais moi-même jadis fréquenté plusieurs soirs durant un Herzog (duc dans la langue de Goethe) , chef d’oeuvre du meilleur écrivain américain de sa génération Saul Bellow : c’était un universitaire distrait qui, abandonné par sa seconde femme, se réfugiait dans sa maison de campagne du Massachusetts d’où il écrivait des lettres (sans les envoyer !) à ses proches, ses collègues ,aux femmes qu’il a connues, aux membres du gouvernement, à des célébrités mortes ou vivantes (Nietzsche, Heidegger) !

Ce fou passionné était Herzog, un aristocrate du vieux monde désintégré par sa trop vive sensibilité.

Pendant un court instant, je revivais mon passé de modeste sportif mêlé, par l’intermédiaire de ce visage reconnu, à une douzaine d’huitres tièdes comme Moses Elkanah Herzog (duc) américain des années 60 aux prises avec la société moderne !

Bonnes vacances !

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 11:12

Puisque que le cœur de Toutankhamon était considéré comme le “monarque“, le maître des viscères, son enveloppement de lin s’imposait naturellement avant d’être placé dans un cercueil miniature et de reposer enfin dans un vase canope en albâtre.

Le lin, ce textile noble anallergique a cependant d’autres ambitions que ce destin antique.

Son désir secret est de se rapprocher du sombre Manille ou du clair Malacca : de tutoyer le rotin

Le 5e et le 7e art foisonnent de ces rapprochements :

En 1975, James Salter dans Light Years (Un bonheur parfait) avec sa prose “ comprimée “ écrivait à propos du couple Viri et Nedra : « Derrière la porte-fenêtre, il y avait une véranda blanche comme le lin où, les pattes en l’air, leur chien dormait sur un cabinet en rotin »

Mais c’est un an plus tôt en Thaïlande que le coup de foudre entre le lin et le rotin éclata au grand jour.

A Bangkok, les personnages mâles ou femelles qui gravitaient autour d’Emmanuelle dans le film du réalisateur- photographe de charme Just Jaeckin (quand elle n’était pas nue dans sa piscine !) étaient tous drapés de cette étoffe isolante et convergeaient, imprégnés sûrement d’une bonne couche d’ocytocine, vers le célèbre fauteuil en rotin qui fit l’admiration de plus de 50 millions de spectateurs.

Aujourd’hui c’est la clientèle arty mode, toute de lin multicolore vêtue, qui le mercredi soir à Paris baguenaude un verre à la main dans le décor rétro-exotique de palmiers et de mobilier en rotin de la barge de luxe “Les Jardins du Pont-Neuf“ !

Et comme le jardin, si lié à la littérature de la fin du 19e et du début du 20e siècle, l’affect d’un corps habillé de lin est probablement enclin grâce à la doucereuse chimie du désir à tutoyer la lanière jaune !

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 17:06

Demain j’aurai la sensation délicieuse de toucher un tiercé gagnant et dans l’ordre de surcroît ! Et ce ne sera ni à Vincennes ni à Longchamp !

Je commencerai la journée dans un îlot magique, “the first english bookshop established on the continent“ : la belle librairie Galigagni au 224 de la rue de Rivoli où, pendant une petite heure je déambulerai sur un parquet ancien, ça aura le goût de la sérendipité en tripotant des ouvrages étonnants logés dans des étagères sur mesure en bois sombre, je parcourrai toutes sortes de revues d’arts décoratifs et feuillèterai les principaux journaux étrangers.

Puis je pénètrerai au 226 dans le célèbre salon de thé fondé au début du siècle dernier par le confiseur autrichien Antoine Rumpelmayer qu’il baptisa Angelina en l’honneur de sa belle-fille et ce sera une orgie de gâteau Mont-blanc, de biscuit croustillant praliné Angeline et d’onctueuses tasses de chocolat chaud.

Je m’ engouffrerai ensuite au 228 dans le luxueux hôtel Le Meurice , traverserai le salon Pompadour aux boiseries blanches et or , caresserai le lévrier emblème du palace et m’offrirai, pour clôturer mon tiercé de gâteries printanières, une séance au spa pour jouir des soins de visage Valmont consistant en un modelage liftant en alternance avec des effleurages , pincements, pressions et lissages…

Ah oui, j’oublie un détail d’importance, demain c’est le premier Avril !

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 17:15

 

 Mimétisme ?

 

Tu alimentes ton nourrisson à la cuillère, il avale ce qu’il peut, restitue le trop plein ; toi, tel le chipmunk qui stocke des graines dans ses abajoues, tu ouvres et fermes la bouche par mimétisme !

 

On te parle d’escalier en colimaçon et, sans pour autant appartenir à la sympathique famille Bélier, tes doigts décrivent immédiatement des spirales dans les airs !

 

Tu regardes un débat houleux et contradictoire à la télé et tu acquiesces  en hochant le chef vers l’avant ou tu fermes les paupières si ça te contrarie !

 

Au cours des nuits d’orage et d’insomnie, ces réflexes  te renvoient curieusement à des lectures insolites :

 

-  Bardamu*  observant sur un banc de New York cette ville “ pas baisante du tout, raide à faire peur“, les gens qui disparaissent et sortent d’un trou, espèce de piscine souterraine où ils vont faire leurs besoins !

-le capitaine Haddock** qui dans un avion a tout le mal du monde à se débarrasser d’un petit bout de sparadrap qui passe malicieusement du  nez à son pouce !

-  Noirtier de Villefort***, le grand-père paralytique de Valentine qui, emprisonné dans son grand fauteuil à roulettes, approuve par des mouvements de tête et des clignements de ses yeux noirs son union avec le fils Morrel !

 

Ces mouvements non intentionnels se donnent rendez-vous fin Mai à la Porte d’Auteuil dans les tribunes de Roland Garros  lorsque,  un esquimau à la main  tu ouvres instinctivement la bouche, tu montres du doigt et tel un oscillomètre sphygmométrique  du Pr Pachon, tu dodelines inconsciemment de la tête !

 

*Voyage au bout de la nuit. Céline.

**L’affaire Tournesol. Hergé.

***Le Comte de Monte-Cristo. A.Dumas.

 

 

 

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 14:50

 

Consensus sur un jumelage salé-sucré.

 

Pour parler comme monsieur le maire, je souhaiterais : « dans le cadre d’une coopération décentralisée établir des échanges sociaux, culturels … bref  une relation privilégiée entre les deux villes de Concord (New Hampshire, Etats-Unis) et Rheinfelden (canton d’Argovie, Suisse) ».

 

Explication :

La ville de Concord (où naquit  Franklin Pierce le 14e président  des USA, mais de tout ça on s’en fout !) doit son  nom qui est synonyme de consensus, un peu comme notre place de la Concorde qui réconcilia les français sous le Directoire après les exactions de la Terreur, à l’unanimité de ses habitants (après un différend avec le Massachusetts) qui comme tous bons américains se gavent régulièrement du crémeux beurre de cacahuètes.

 

 Rheinfelden, elle, a créé (grâce à un brasseur allemand  qui réussit à supprimer l’amertume des levures) une autre pâte à étaler sur vos tartines au beurre à base d’extraits de carottes et d’oignons et riche en vitamine B1 dont la fabrication reste confidentielle : le Cenovis.

 

Les liens sont donc étroits entre les bienfaits de la levure et la valeur nutritive de l’huile d’arachide !

 

C’est pourquoi l’unanimité,  aussi ardue à trouver qu’un cachet  Makhzen jaune et rond sur un vieux courrier officiel marocain et si rare à obtenir tant dans une copropriété que dans un conseil municipal, est elle donc ici grâce à un onctueux“ tartinage“ imparablement établie.

 

  

 

 

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 09:19

 

Dîner  frugal avec Jean-Joachim

 

J’apprécie les objets d’art et le mobilier du 19e siècle à l’exception du « confident » où l’on se sent bloqué en tête à tête avec la même personne, un peu comme dans ces réceptions ennuyeuses sur les Bateaux Mouche où l’on doit attendre en maugréant l’heure de l’accotement au retour ou lorsque après s’être  fourvoyé dans le choix d’une cavalière on guette en râlant la fin d’un long slow de Ray Charles.

 

 Jules Barbey d’Aurevilly voyait les choses différemment et glissa un jour dans la bouche d’un de ses  personnages cette délicieuse déclaration “installons nous face à face et parlons cœur à cœur“.

 

Je préfère donc imaginer un déjeuner complet en conviant à ma table  (après une enquête minutieuse sur leur goût) un invité différent à chaque étape du repas.

 

Ainsi je convierai volontiers à l’apéro James Bond  pour une vodka martini mélangée au shaker et non à la cuillère.

Je proposerai ensuite un CDD au commissaire Maigret pour  déguster une blanquette de veau mitonnée à l’ancienne, un autre à Obélix pour une orgie de sangliers et un troisième à  Don Quichotte pour un savoureux plat de lentilles.

Je demanderai la participation de la souris Geronimo Stilton (rédactrice de l’Echo des Rongeurs) pour un plateau de fromages du 18e siècle.

Je serai évidemment flatté de faire découvrir à Emma Bovary un dessert de grenades et d’ananas accompagné d’une coupe de champagne glacé.

Enfin je ne m’offusquerai pas si Hercule Poirot exige trois sucres pour son café.

 

Repu et enrichi par la conversation passionnante de mes hôtes, je pourrai ensuite me glisser dans des draps frais pour une sieste réparatrice et ferai le voeu de jeûner le soir en compagnie d’un ancien vermicellier prénommé Jean-Joachim : le Père Goriot !

 

Bonne année.

 

 

 

 

 

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 12:59

Catalogue d’hiver.

 

 

 Le meilleur moyen de maîtriser un désir, c’est, je crois, de tenter de le satisfaire ; l’homme a hélas souvent des ambitions supérieures à ses capacités et à ses moyens …la conséquence  de ces deux assertions, ce peut être le dopage, le tatouage, la soumission à des évènements extérieurs agréables ou très pénibles voire même pour certains accepter l’impossible pour s’épanouir…

 

Verlaine, Van Gogh, Toulouse Lautrec et Oscar Wilde abusaient de la fée verte (l’absinthe).

 Baudelaire élevait sa créativité et détachait plus aisément la poésie de la morale grâce à la résine de cannabis  (le haschich).

Henri Michaux s’euphorisait avec la mescaline issue du peyotl  (mot  qui permet aux férus de scrabble de placer enfin leur Y !) mexicain.

Aux îles Samoa, aucun homme non tatoué(le tatouage glorifie, divinise) ne peut espérer se marier !

Charlotte Salomon peignait ses gouaches avec les trois couleurs primaires dans la tourmente et le désespoir.

Hermann Levi acceptait l’humiliation  pour se rapprocher enfin de Wagner et diriger à Bayreuth en 1882 la première de “Parsifal“.

La prière et la religion ont fait de sœur Cristina la lauréate en Italie de « The Voice ».

Ce sont les milliers d’étoiles qui permettent aux barges rousses de parcourir sans escale les 11000km qui séparent la toundra du Grand Nord canadien des troupeaux de Mérinos de Nouvelle-Zélande.

 

Cet ersatz d’inventaire à la Prévert est évidemment sans fin…

 

Quant au délirant, dans le métro, il voyageait en première classe.

Au boulot, il portait des “Nike Air“ pour dominer ses collègues.

Au dodo, il améliorait son sommeil en épaississant son cérumen avec le coton de grosses boules Quiès.

 

Voilà…

 Et comme l’aurait dit Musset : « bonne nuit de décembre » !

 

 

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 17:06

 

Quartier latin… « Quand tu nous tiens » !

 

Je sais, je sais, j’ai trop traîné chez Gibert Jeune,  à l’angle de la rue de la Harpe, et de toute façon je n’ai pas trouvé ce bouquin épuisé, c’est absurde…

Mon petit creux se distend, l’opportune boulangerie Saint Michel est encore ouverte mais elle est exsangue, essorée par la marée de touristes ; «  pourquoi êtes vous venu si tard » me lance la patronne ; oui c’est absurde…

 

 Pour combler ma faim, j’opte pour le resto crétois à côté « Le fil d’Ariane » et  ingurgite en un temps record car je suis pressé, la salade Horiatiki suivie d’une moussaka indigeste et oui, ça va trop vite, c’est absurde…

 

J’irai bien faire un petit somme à deux pas dans le délicieux hôtel du Mont-Blanc où ont séjourné jadis Pablo Neruda, Henry Miller ou Hemingway  mais  seul, c’est évidemment absurde…

 

En face, la façade du théâtre interpelle “Pourquoi êtes vous venus si tard“ ! (j’ai déjà entendu ça !) La location est ouverte de 17h à 21h. Hélas les pièces se jouent à19h et 20h !

Pourtant j’aurais aimé prendre « la Leçon », me reposer sur “ les Chaises“ ou comprendre comment Ionesco tondait  depuis presque cinquante ans sa Cantatrice !

Trop tard, c’est absurde…

 

Fort heureusement le Caveau un peu plus loin  me tend les bras, c’est un bon plan pour boire un verre et me verser du courage mais, n’étant ni  YSL ni un des “Tricheurs“ de Marcel Carné à la fin des années 50 et étant certain hélas  de ne plus pouvoir entendre  ni Chet Baker et sa “ Funny Valentine“  ni Claude Bolling et son original “Ragtime“, je renonce définitivement à exploiter la rue de la Huchette !

 

Cette tardive virée étudiante était  vraiment absurde !

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 12:28
Une femme “embarrassée“

 

Octobre, le délirant fait sa rentrée et à l’instar du crooner espagnol ex gardien de but : Julio Iglesias,  il n’a pas changé … Il reste étonné des mystères de l’existence , confirme son agnosticisme et reste convaincu que les hommes fabulent pour éviter de se confronter à la réalité, essaie comme la glaise et la matière d’ignorer le temps, est tenté de surfer sur les vaguelettes dans le tissu de l’espace temps (les supposées ondes gravitationnelles primordiales concomitantes du Big Bang révélées en début d’année) et ne se fait aucune illusion sur un monde parfait.

Il aurait plutôt tendance à faire confiance en l’humanité car celle-ci a des devoirs…

 

Ces quelques amères réflexions  automnales trouvent leur source au musée d’Orsay dans l’étude affûtée du tableau -icône si provocateur de Gustave Courbet (jadis acquis secrètement par le psychanalyste Jacques Lacan …) : “  L’origine du Monde “ !

 

En détaillant bien l’huile sur toile du maître et en jetant une œillade dans la pénombre (d’un majestueux sexe féminin), un peu comme le regard des personnages d’Eugène Delacroix, autre peintre  du 19e siècle plus romantique que réaliste, il reprend l’hypothèse déjà émise par d’autres qu’au dessus de la foisonnante toison pubienne brune  recouvrant les  deux valves d’une courbe (qui rappelle la comparaison que fait Marcel Proust  entre le pubis d’Albertine et les gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines « qui semblaient avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques »), on devine la courbe arrondie d’un ventre d’une femme enceinte d’au moins 4 à 5 mois !

 

Ainsi, sans bien sûr censurer l’œuvre comme le furent certains poèmes des Fleurs du Mal (“Les Bijoux“, “Lesbos“ ou une des “Femmes damnées“) de son contemporain Charles Baudelaire, il lui aurait paru plus honnête d’intituler cet étonnant nu féminin sans tête : “ L’origine de l’humanité “…

 

C’est, ce qu’il nommerait : « le choix de l’embarras » !

 

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 13:55

 

Tout (ou presque) a été dit sur les valeurs universelles et en particulier sur le bien et le mal ; en fait ce sont surtout des philosophes, des éthiciens, des métaphysiciens et une pléthore d’intellectuels de tout bord et de toute confession qui ont planché à flots sur le sujet.

 

Mais personne n’a  encore ouvert une tribune  pour laisser s’exprimer sur ce point des êtres plus frustes mais combien attachants : les ânes !

Ces bêtes dont la symbolique  est souvent ambiguë  peuvent à la fois représenter et surtout supporter le bien et le mal…

Les baudets connaissent en effet le dossier,  trois exemples :

 

Sur l’île de Santorin, le mal l’emporte sur le bien, les pauvres ânes pleurent sans larmes et sans eau pour transporter les trop nombreux  touristes du petit port de la caldeira, le long de la route escarpée avec ses terribles virages dignes de la montée à l’Alpe d’Huez dans l’étape mythique du Tour de France et son dénivelé vertigineux,  vers la blanche Fira en haut de la falaise.

 

Peut-être moins rude mais plus humiliant le sort des ânes qui ramassent les ordures  dans les ruelles étroites de la Casbah d’Alger au pied des terrasses (où circulaient jadis à Babel Oued jusqu’à la mer les combattants du FLN) ; mais ici, les quadrupèdes bénéficieront  au terme de leur pénible journée d’une toilette rafraichissante sur une plage de la capitale.

 

Plus heureux les petits ânes de l’avenue Prudhon à Paris qui, le mercredi et les weekends, n’acceptent sur leur échine que les légères fesses rebondies des bambins du quartier de la Muette et revendiquent les mêmes prestige et respect dont jouissent les vaches Inyambo  aux longues cornes en forme de croissants de lune auprès des éleveurs tutsis au Rwanda.

 

 Voilà pourquoi quantité de bourriques aux longues oreilles et au doigt unique ont leur « Hi-Han » à dire en matière de bien ou de mal !

 

 

 

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