On te connaît depuis des siècles ; tu es subvenu aux besoins alimentaires des populations les plus anciennes, qui t’ont même souvent divinisé !
Tu as été affublé d’une kyrielle d’épithètes : doux, éclaté, perlé …
Tu es fier, parfois très grand, entouré chez nous, en Juillet, d’une couronne de fleurs.
Tu es mon épi, « je te l’ai bien dit, je n’ai cessé de te le dire «
Et pourtant, le monde te harcèle, te fait souffrir :
La sésamie, toute rose, s’installe en dessous de tes graines pour te détruire ;
La pyrale, la nuit, mange tes feuilles avant d’attaquer tes tiges.
Puis, en voulant te protéger de ces deux prédateurs, l’homme a voulu modifier tes gènes, suscitant des polémiques sans fin et tu es devenu pour certains impropre à la consommation !
Et puis, jadis , j’ai été profondément bouleversé quand Faulkner a osé te mettre entre les mains du vil Popeye pour abuser Temple et profaner son Sanctuaire …
Et, malgré cette pauvre fille qui continuait à ânonner : « je te l’ai bien dit, je n’ai cessé de te le dire » , je persiste à t’aimer, à te désirer, mon blé d’Inde, de Guinée, de Barbarie, mon pop-corn ,
Zea , mon épi de maïs !