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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 20:43

 

J’ai enfin saisis ce soir en quoi l’observation pourtant habituelle d’une anodine reproduction jaunie des Trois Grâces de Rubens abandonnée depuis tant d’années dans le salon sur une table guéridon dite“ bouillotte“ ,  attendant paresseusement un hypothétique archivage ou une élimination définitive, me renvoyait toujours vers une âpre partie de poker entre un père et sa petite fille…

Les Grâces du peintre talentueux sont donc trois, rien d’original à ce chiffre entier naturel ; Panurge, l’ami de Pantagruel, jonglait avec trois langues originales pour demander la charité(le lanternois, l’utopien et le langage des antipodes) ; dans le film d’Henry Hattaway  sorti en 1935 The Lives of a Bengal Lancer), Gary Cooper, Franchot Tone et Richard Cromwell étaient pour l’éternité “ Les Trois Lanciers du Bengale“ …

L’explication de mon interrogation sur cette triade est autre mais pas si éloignée.

Notre table “bouillotte“ tire en fait son nom d’un jeu de cartes apprécié pendant la Révolution française, basé sur le brelan (brelan carré, simple brelan et brelan retourné), chaque joueur ayant au départ trois cartes.

Cette alliance de trois cartes de même hauteur est de nos jours une combinaison très intéressante au poker pour relancer le pot ou remporter la mise.

Elle fut cependant  insuffisante dans les mains d’un gentil papa  musicien, opposé à sa petite Dorothy   qui le mystifia avec aplomb simulant une quinte “servie“  et jouant son tapis de 20 cacahuètes ! Ce père pourtant aguerri aux possibilités de bluff de ce jeu diabolique était le merveilleux acteur aux multiples facettes (chanteur et danseur) Danny Kaye  dans “Millionnaire de cinq sous“(“The Five Pennies“, délicieuse comédie américaine qui bénéficia logiquement en  1959 de quatre nominations aux oscars).

Et pour revenir à ma contemplation de la chaire opulente des trois déesses du maître flamand à peine voilées, j’ose les associer à un brelan de dames : Pallas (dame de pique),  Rachel (dame de carreau) et Argine (dame de trèfle).

Judith, celle de cœur, ne désirant manifestement pas comme à l’accoutumé s’associer à mes rêveries…

 

   

   

 

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 16:21

J’insupporte à présent les conseils, peut- être en ai-je été trop gavé.

Petit, j’appréhendais les  résultats des conseils de classe, ceux de la famille puis ce furent les conseils d’orientation, d’hygiène de vie, pharmaceutiques, on parlait de conseil d’administration, syndical etc…

J’étais enthousiaste devant la longévité de Léon Blum à la présidence du Conseil de juin 36 à juin 37 puis de mars à avril 38 mais je crois que c’était surtout les talents du critique littéraire français, alsacien depuis des générations, que j’admirais et son ouvrage “Du mariage“ dans lequel il vantait la liberté amoureuse avant le mariage !

Je buvais les conseils que prodiguaient tour à tour les sorcières du sud, du nord, de l’est et de l’ouest à Dorothée dans le merveilleux pays d’Oz et comme la petite fille je claquais trois fois les talons des souliers d’argent et émettait un souhait !

Certains affirment que la nuit porte conseil, chez moi bien au contraire elle m’épuise et au coucher mon fragile esprit délire et vagabonde dans toutes les directions.

Pas plus tard que la semaine dernière j’ai cru m’extirper de ces conseils nocturnes en me réfugiant sous une douche froide ; j’eus hélas la curieuse sensation de me retrouver vingt mille lieues sous les mers, capturé par le mystérieux capitaine Nemo  dans son sous- marin et comble de hasard d’ouvrir une cabine et de tomber dans les bras d’un individu qui se déclara être le domestique d’un Pierre Aronnax, professeur au Museum d’histoire naturelle  et se nommer…Conseil !

Conseil ? Vraiment?  Comme dirait Coluche : Je me marre !

 

 

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 12:28

 

Parmi les matériaux de nature minérale qui sont assemblés,  liés puis mêlés à l’eau, on trouve toujours pour la fabrication du béton le sable.

Ce n’est pas très fun de discourir sur le sable de fonderie.

J’évoquerai donc les déserts et leurs dunes et en premier l’officier de liaison britannique T.E Lawrence qui, souvent en tenue arabe et sillonnant à dos de chameau les paysages grandioses d’Arabie, fédéra plusieurs tribus et les poussa à fonder une nation moderne et indépendante.

Je pense aussi à  la sublime Ava Gardner vêtue dans plusieurs scènes de Mogambo ( drame amoureux de John Ford en  1953)  d’une élégante saharienne , cette veste masculine en toile ceinturée et à manches courtes portée d’abord en Inde par l’armée britannique puis hélas adoptée durant la seconde guerre mondiale par l’Afrikakorps.

Comment ne pas se souvenir d’Ahmed, protagoniste du merveilleux roman de Tahar Ben Jelloun, “L’Enfant de sable“, en réalité  huitième fille du père du conteur, qui bénéficia ainsi de privilèges que n’eurent pas ses sept sœurs !

Le sable  me renvoie naturellement au Sahara, forcé d’y atterrir comme un célèbre aviateur et écrivain et amorcer la discute avec un Petit Prince qui ne me demanderait pas un mouton mais comme dans l’œuvre poétique et philosophique de Saint-Exupéry l’image d’un mouton ; j’aurais l’impression d’être dans le même imaginaire que l’enfant à la chevelure dorée et venir d’une autre planète.

 Aujourd’hui, plus prosaïquement  je vous offrirai l’idée d’un séjour exceptionnel par son originalité  et sa volupté reposante : “ Le Château de Sable“, admirable boutique-hôtel au sud d’Erfoud  dans l’oasis  de Drâa-Tafilalet au Maroc. Après avoir avalé  autour d’un tonique thé à la menthe ambré quelques cornes de gazelle, makroud ou chebakia, vos fesses quittant à regret les  coussins moelleux d’un  petit salon habillé avec le plus grand raffinement par Alain, le décorateur talentueux et sympathique maître des lieux  vous seront gré de leur permettre de se  raffermir lors d’une balade entre les dunes de Merzouga sur l’unique bosse des dromadaires ou sur le siège d’un confortable  quad mono ou biplace.

 

  Comme dans la chanson du populaire Renaud Séchan, dit Renaud qui a donné le titre à ce délire hivernal

“Faut avoir de l’imagination

Pour trouver une chute rigolote“

 Je me lance : dans le sable, “j’étais tranquille j’étais pénard“

Et je vous dis “ Laisse béton“ !

 

 

 

V

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 16:00

 Le Gaga va prendre soin du corps souvent endolori du danseur, il est enseigné par des chorégraphes célèbres comme Ohad Naharim, directeur de la Batsheva Dance Company à Tel-Aviv et prétend donc être un mouvement qui répare.

Ga est une syllabe qui au contraire sépare, par exemple dans le nom de l’état imaginaire du Magalawi où Jean-Paul Belmondo fut enfermé par Georges Lautner dans son film “Le Professionnel“.

Bebel, condamné aux travaux forcés pouvait commencer à s’y faire des cheveux blancs. Fort heureusement il s’en échappait au bout de deux ans pour nous faire bénéficier encore un peu de l’exaltante musique d’Ennio Morricone !

Enlevons la syllabe Ga du Magalawi et voici le Malawi, petit état enclavé du sud-est africain qui a d’ailleurs récemment installé une ambassade à Jérusalem mais  qui a peur des albinos !  (Evidemment pas de  Moby Dick, le grand cachalot blanc d’Herman Melville mais seulement des malheureux déficitaires en mélanine tel le musicien-chanteur malien Salif Keita).

Ga peut aussi finir un mot ou une expression, ainsi Fields le  reporter-photographe des péripéties de Morel l’ardent défenseur des éléphants d’Afrique dans le  roman écologique “Les Racines du ciel’’ de Romain Gary, était surnommé par Idriss, un de ses  fidèles pisteurs : “Oudjanaga“(oiseau annonciateur) et “Oudjana baga“(oiseau du malheur).

 

Et pour clore cette  folle saga de début d’année je me dirigerais vers le musée d’Orsay pour y admirer quelques sublimes danseuses peintes par le seul artiste dont le nom et le prénom ont pu absorber cette syllabe ga : Hilaire Germain Edgar de Gas, dit Edgard Degas…

 

*Pierre Vassiliu (Qui c’est celui-là ?)

 

 

 

 

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 08:52

 

Les chevaux fous caracolent, ils tournent en rond, troussent les jambes de devant, font des voltes et des demi-voltes. 

Le premier de ces équidés dont je me souviens est le cheval blanc du drapeau du comté de Kent dressé dans son cadre rouge sur ses membres postérieurs, il reproduit l’attitude  de l’étalon qui, en tirant la voiture du vicomte Pierre Ponson du Terrail, maitre prolifique du roman-feuilleton,  caracolait dans les allées du Bois de Boulogne défiant les jaloux et détracteurs de l’auteur populaire du cycle des Rocambole.

J’ai découvert le second dans l’admirable roman d’aventure “ Les Cavaliers“ de Joseph Kessel ; monté en Afghanistan tour à tour par Soleh et Mokkhi il participait avec succès au bouzkachi du roi à la périphérie de Kaboul et emmenait son cavalier préféré  Ouroz, le fils de Toursène vers une gloire immortelle.

C’était Jehol, le “cheval fou “.

Le troisième n’est pas un étalon mais un indien, il participa aux côtés du chef de tribu-médecin Sitting Bull dans les Black Hills  du Montana à la victoire de Little Big Horn  contre l’indiscipliné général de cavalerie Custer qui finit poignardé par son ancien compagnon d’armes “ Little Big Man“ dans un fort du Nebraska.

C’était “Crazy Horse“ le valeureux chef sioux.

Ce tiercé  de chevaux fous n’aurait jamais imaginé qu’un dijonnais nommé  Alain Bernardin ne leur rendit hommage en 1951 en ouvrant sur la rive droite parisienne une salle de spectacle  qui fit la notoriété de jeunes squaws largement dévêtues du nom de Fifi Standby, Polly Underground, Diva Terminus ou Lova Moor.

Ce cabaret qui pasticha à ses débuts un saloon des années 1870 est évidemment le “ Crazy Horse“.

Le rocambolesque du dernier délire de cette année tourmentée n’a pas la prétention d’une brillante fantaisie littéraire mais m’autorise un peu en avance à souhaiter à mes fidèles et indulgents lecteurs une santé de cheval pour 2021 ! 

 

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 09:23

 

Revoyant récemment le très beau film réalisé par Nicolas Vanier d’après son roman éponyme : “ L’Ecole buissonnière“, je me suis soudain souvenu que “Totoche“, surnom du mémorable braconnier barbu  (François Cluzet) était jadis un synonyme de tétine et de lolette en Suisse romande !

Mon école buissonnière perso ne se situait pas dans la campagne en  Sologne mais dans le milieu des années 60 à Paris au 51 rue des Ecoles à l’emplacement d’une ancienne librairie du quartier latin transformée en 1938 en salle de cinéma : Le Champollion.

Le “Champo“ était selon les mots du célèbre fumeur de pipe et réalisateur Claude Chabrol notre deuxième  université, on y bravait l’interdit, c’était l’école  buissonnière. Rien à voir  avec autrefois le non- paiement du chantre de Paris, on ne suivait pas les cours dans des lieux secrets, non, simplement on les séchait...

 Ma vie de cinéphile en herbe se confondait alors avec les films qu’on y projetait : je me passionnais ainsi pour des “ Jeux interdits “*, je vivais de “Drôle de drame “**, participais à une “Kermesse héroïque“***, me faisais une “Grande Illusion“**** sur cette époque bénie.

Je m’étais de surcroit  amouraché d’une entraineuse et danseuse de cabaret“ Lola“***** interprétée par la divine Anouk Aimée que je retrouvais cinq ans plus tard séduite par un veuf séduisant,  coureur automobile   rencontré à Deauville, mis  au volant d’une Ford Mustang par Claude Lelouch  et par la musique envoûtante de Francis Lai.

Da ba da ba da, ba da ba da ba…

 

 

*film de René Clément 1952, **film de Marcel Carné 1937, ***film de Jacques Feyder 1935, ****film de Jean Renoir 1937,  *****premier film de la trilogie de Jacques Demy  1961   

 

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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 14:26

L’automne humide s’insinue en moi, l’énergie est faiblarde, j’éprouve un grand besoin de douceur.

Privé du meilleur khullu dont se protège du froid le yack tibétain de deux ans, je décide de passer commande aux commerçants transsahariens du sud marocain de quelques fruits charnus et moelleux que sont les fameuses medjouls  aux formes ovales riches en sucres et potassium.

Comme la contemplation des  flammes du feu  qui permet de ne plus penser à soi et avant de porter en bouche cette pépite à la consistance de miel, je les compare aux délicieuses  fesses de la Vénus callipyge, Aphrodite soulevant son péplos pour se mirer dans l’eau et les admirer…

Un peu revigoré par le sucre et les vitamines je m’apprête à affronter le crachin et les bourrasques de cette saison contrastée.

Comme Somerset Maugham qui vénérait tant l’unique roman d’Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-Vent je suis fasciné par tous les bruits des aquilons et autres blizzards.

De celui soufflant grâce à René de Obaldia  dans les branches de sassafras à celui emporté par le chef- d’œuvre de Margaret Mitchell, j’en apprécie les souffles qui m’étourdissent et, même pas protégé par une moustache genre Rhett Buttler, emmitouflé dans ma parka bleue je dirige mes pas incertains entre les oueds Ziz et Ghéris  vers les oasis de Tafilalet.

Le Sahara n’est pas loin, Le Clézio non plus et son roman d’apprentissage “Désert“ je suis Nour nomade touareg, un homme bleu et je me nourris de dattes pour faire baisser ma tension artérielle !  

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 07:50

 

Qui se souvient de Berno Sterzenbach ?

Cet acteur allemand, pourtant marié à une demoiselle Rothweiler (ça ne s’invente pas) a été contraint une nuit de partager sa couche  avec Louis de Funès !

C’est en effet dans une scène culte de“ La grande vadrouille“ de Gérard Oury que Berno dans le rôle du major Achbach fait la démonstration d’un ronflement-marteau piqueur que Stanislas Lefort (de Funès) s’efforce de contrôler avec toutes sortes d’ onomatopées , grognements et sifflements stridents.

Un autre ronfleur célèbre est un personnage du  premier roman de Charles Dickens (écrit à 24ans), The Pickwick Papers, il s’agit de Joe, jeune homme rougeaud et gras atteint d’une somnolence incontrôlable au cours de laquelle, menton sur la poitrine, il ronfle doucement.

Mais dans le domaine des ronchopathies, la double peine est attribuée à Poil de Carotte, le héros malheureux de Jules Renard, souffre- douleur d’une mère- marâtre  et qui  présente aussi le défaut de ronfler la nuit, ici la sanction est brutale de la part de Madame Lepic, sa mère qui partage son lit  au fond d’ une grande chambre glaciale : avec deux ongles elle lui pince jusqu’au sang la peau des fesses ce qui le fait horriblement crier et sursauter le père endormi ; la marâtre évoque alors un cauchemar et à la manière des nourrices se met à chantonner...

Hélas pas de mère protectrice pour Shrek, cet ogre vert qui cultive des champs de cérumen dans ses tuyaux d’oreilles et qui pète et ronfle comme les personnages évoqués plus haut mais ces bruits horripilants  montrent que notre gosier n’émet pas exclusivement que des vibrations cristallines !

 

 

  

 

 

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 08:01

La Bourse, un temple du commerce aux parois fragiles ?

 Tel Archimède je pousse un Eurêka de soulagement en  authentifiant enfin l’affinité de mon contenu scrotal avec  l’inoubliable “ 2001, l’Odyssée de l’espace “ film de science-fiction de Stanley Kubrick : c’est évidemment les valseuses.

 Le réalisateur new-yorkais utilisa avec succès la suite de valses du “ Beau Danube bleu“ de Johann Strauss  pour rappeler le mouvement des danseuses de valse lors du mouvement de rotation des satellites.

Le scrotum des mammifères multiplie les efforts pour protéger comme il peut les testicules (valseuses, joyeuses ou roubignoles en langage populaire)

Faut bien reconnaître que ce lien est aussi fragile que l’abri que confère cette bourse, ce petit sac de peau et de tissu fibromusculaire, ainsi ne put il résister à la faucille de Cronos qui émascula Ouranos ;  on sait que de l’écume qui s’écoula des bourses ainsi coupées dans la mer jaillit Aphrodite, déesse de l’amour et de la sexualité !

Pas davantage de protection pour celle du loubard Pierrot (Patrick Dewaere dans la comédie dramatique de Bertrand Blier en 74) dont les valseuses ( titre de ce road movie générationnel)  furent gravement amochées par le coup de feu d’un gérant de salon de coiffure après un braquage raté  avec son complice Jean-Claude (Gérard Depardieu).

 

L'architecte Alexandre-Théodore Brongniart, s’il avait été informé de  tous ces détails aurait- il accepté en 1808 de confiner dans son palais cette Bourse à la fragilité ci-dessus démasquée ?

 

 

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 07:44

 

Une représentation de la vie, voilà comment Nikita Khroutchev définissait le théâtre.

Il est courageux de s’y rendre en hiver ; en effet, vous garderez dans une atmosphère confinée et surchauffée le manteau sur les genoux repliés ; l’abandonner au vestiaire  vous condamne après la représentation à faire la même queue qu’à la rare caisse de sécurité sociale du quartier pour tenter de ranimer votre vieille carte vitale !

Cette dernière pourrait bien servir le lendemain pour consulter votre toubib afin de soulager un torticolis vicieux contracté en vous positionnant tantôt à la gauche tantôt à la droite de l’épaisse nuque du voisin obèse ou géant assis devant vous.

La solution existe : initier une pétition pour reprogrammer à la télé l’antique émission de Pierre Sabbagh “ Au théâtre ce soir“ diffusée dans les années 70-80 en alternance entre les première et deuxième chaines de feu l’ORTF.

Les pièces enregistrées soit à Edouard-VII soit au Marigny   se terminaient après les salutations des acteurs au public par le célèbre : « les décors sont de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell ».

Parmi les pièces les plus fameuses on se souvient d’entre autres : “Noix de coco“ de Marcel Achard, de “Madame Sans Gêne“ de Victorien Sardou, de “Folle Amanda “ de Barillet et Grédy, de “La Facture “ de Françoise Dorin et surtout les comédies de Georges Feydeau : “Le Dindon “,“ La Main passe » ,“Un fil à la patte “ou “La puce à l’oreille“.

Le rire était notre hebdomadaire, c’était un rayon lumineux qui éclairait nos soirées, il était selon le langage théâtral l’obstacle surmonté absurde, fou, corrosif et parfois cruel… la vie.

Néanmoins la mise en scène et les dialogues jouissifs faisaient un peu d’ombre aux décors et costumes des ci-nommés Harth et Caldwell !

Ces derniers ne pouvaient dans mon esprit concurrencer ceux du fondateur à la toute fin du 19e siècle  en Russie du Mir iskousstva (Le Monde de l’Art), Léon Bakst qui fit tant pour la nouveauté et qualité des décors et costumes des ballets russes amenés à Paris par Serge de Diaghilev et ses nombreux  danseurs et chorégraphes dont Balanchine et Nijinsky .

Et s’il  me fallait  décerner un oscar, je n’hésiterais pas à l’attribuer à ceux que Bakst produisit pour Schéhérazade, le fameux ballet de Michel Fokine d’après le poème symphonique de Rimski-Korsakov.

Décor de théâtre= décor de la vie !

Rideau.

 

 

   

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