L’automne humide s’insinue en moi, l’énergie est faiblarde, j’éprouve un grand besoin de douceur.
Privé du meilleur khullu dont se protège du froid le yack tibétain de deux ans, je décide de passer commande aux commerçants transsahariens du sud marocain de quelques fruits charnus et moelleux que sont les fameuses medjouls aux formes ovales riches en sucres et potassium.
Comme la contemplation des flammes du feu qui permet de ne plus penser à soi et avant de porter en bouche cette pépite à la consistance de miel, je les compare aux délicieuses fesses de la Vénus callipyge, Aphrodite soulevant son péplos pour se mirer dans l’eau et les admirer…
Un peu revigoré par le sucre et les vitamines je m’apprête à affronter le crachin et les bourrasques de cette saison contrastée.
Comme Somerset Maugham qui vénérait tant l’unique roman d’Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-Vent je suis fasciné par tous les bruits des aquilons et autres blizzards.
De celui soufflant grâce à René de Obaldia dans les branches de sassafras à celui emporté par le chef- d’œuvre de Margaret Mitchell, j’en apprécie les souffles qui m’étourdissent et, même pas protégé par une moustache genre Rhett Buttler, emmitouflé dans ma parka bleue je dirige mes pas incertains entre les oueds Ziz et Ghéris vers les oasis de Tafilalet.
Le Sahara n’est pas loin, Le Clézio non plus et son roman d’apprentissage “Désert“ je suis Nour nomade touareg, un homme bleu et je me nourris de dattes pour faire baisser ma tension artérielle !