Les chevaux fous caracolent, ils tournent en rond, troussent les jambes de devant, font des voltes et des demi-voltes.
Le premier de ces équidés dont je me souviens est le cheval blanc du drapeau du comté de Kent dressé dans son cadre rouge sur ses membres postérieurs, il reproduit l’attitude de l’étalon qui, en tirant la voiture du vicomte Pierre Ponson du Terrail, maitre prolifique du roman-feuilleton, caracolait dans les allées du Bois de Boulogne défiant les jaloux et détracteurs de l’auteur populaire du cycle des Rocambole.
J’ai découvert le second dans l’admirable roman d’aventure “ Les Cavaliers“ de Joseph Kessel ; monté en Afghanistan tour à tour par Soleh et Mokkhi il participait avec succès au bouzkachi du roi à la périphérie de Kaboul et emmenait son cavalier préféré Ouroz, le fils de Toursène vers une gloire immortelle.
C’était Jehol, le “cheval fou “.
Le troisième n’est pas un étalon mais un indien, il participa aux côtés du chef de tribu-médecin Sitting Bull dans les Black Hills du Montana à la victoire de Little Big Horn contre l’indiscipliné général de cavalerie Custer qui finit poignardé par son ancien compagnon d’armes “ Little Big Man“ dans un fort du Nebraska.
C’était “Crazy Horse“ le valeureux chef sioux.
Ce tiercé de chevaux fous n’aurait jamais imaginé qu’un dijonnais nommé Alain Bernardin ne leur rendit hommage en 1951 en ouvrant sur la rive droite parisienne une salle de spectacle qui fit la notoriété de jeunes squaws largement dévêtues du nom de Fifi Standby, Polly Underground, Diva Terminus ou Lova Moor.
Ce cabaret qui pasticha à ses débuts un saloon des années 1870 est évidemment le “ Crazy Horse“.
Le rocambolesque du dernier délire de cette année tourmentée n’a pas la prétention d’une brillante fantaisie littéraire mais m’autorise un peu en avance à souhaiter à mes fidèles et indulgents lecteurs une santé de cheval pour 2021 !