Ce matin , réveil douloureux avec le cou bloqué, ce qui n’est pas sans me rappeler l’ observation pertinente de Sacha Guitry : « avec l’âge, les raideurs changent d’endroit… »
Je tente néanmoins un coup d’œil sur ma gauche pour découvrir allongée une improbable femme-girafe ! La vingtaine de spirales de son collier serait ainsi davantage un gage de fidélité qu’une hypothétique protection contre les morsures de tigre de la vallée Hukaung ( en effet, le plus grand chat rayé du monde a la contrariante réputation d’attaquer au cou !)
Ma coloc tibéto-birmane, fière de son ornement cervical en laiton , exprime un mépris non dissimulé pour celui qui sommeille à ma droite :
Il s’agit , divine surprise d’impotent assoupi, du capitaine von Rauffenstein (interprété magistralement par l’immense Erich von Stroheim dans « la Grande Illusion » de Jean Renoir).
A présent , commandant d’une sinistre forteresse, il ne se remet pas d’avoir abattu accidentellement le capitaine Boëldieu ( Pierre Fresnay) sous les yeux du lieutenant Maréchal ( Jean Gabin) et , infirme cervical , porte lui aussi un collier rigide qui enserre le cou et immobilise son menton.
Encore toujours sonné par un récent « rabbit pusch » telle la mascotte de la Warner Bros , Bugs Bunny dans un film des années 40 , j’essaie de me lever , aussi raide que la Statue du Commandeur à la fin du deuxième acte de Don Giovanni pour inviter mes deux voisins endormis à un revigorant petit déj d’invalides …
P.S : à dessein , le mot torticolis ( à consonance italienne comme d' autres tels sarko ou tva) n'a pas été cité dans ce délire... ce doit être un coup d'air du temps qui porte la responsabilité de ma contracture matinale !
That's all , folks !