Plutôt que de tenter de hiérarchiser les plaisirs offerts séparément par nos cinq sens , n’en déplaise aux censeurs à cul pincé, je décide aujourd’hui de les associer pour un moment d’éternité…
Pour la VUE, mon regard plonge dans la pénombre comme celui de « la Madeleine dans le désert », la fascinante huile sur toile de Delacroix abandonnée dans un couloir de son ancien appartement rue de Fürstenberg.
Mon TOUCHER excite les terminaisons nerveuses de la « peau douce » de Françoise Dorléac, séduisante hôtesse de l’air dans le film éponyme de Truffaut, qu’effleurait le regretté Jean Desailly.
Mon OUÏE est chavirée par le troisième mouvement de la 9e symphonie de Beethoven, l’ « adagio molto e cantabile » dont la fluidité sensuelle accompagne l’éveil de mon ODORAT exacerbé et de mon GOÛT incoercible pour l’onctuosité d’une tablette de chocolat noir dont je suis totalement accro et pour laquelle une impétuosité érotique m’entraine dans une méditation contemplative…
Voilà, tryptophane, phényléthylamine, tyramine, sérotonine et autres cannabinoïdes me terrassent, mes cinq sens sont en alerte extrême… je jouis !