Comme coucou, la petite sœur de la jonquille qui refleurit au début d’Avril sur les pelouses parisiennes, je m’épanouis au printemps dans la tiédeur et l’éblouissement des premiers beaux jours en enfourchant d’abord mon vélo puis un tournedos Rossini suivi de lamelles de pommes dans une pâte parfumée au citron : la tarte Guillaume Tell !
Cette démarche sportive et gourmande me rappelle le virtuose azéri Mtislav Rostropovich qui, lui aussi, enfourchait tel un guépard rapide et souple son violoncelle pour interpréter les suites de Bach avec le calme et la douceur retrouvés dans l’ouverture de l’opéra « Guillaume Tell » de Rossini, entrecoupée de moments violents et de fougue impétueuse !
Bien que Gioachino Rossini eût la double réputation de fin gastronome et de célèbre compositeur d’opéras-comiques, c’est cependant un natif de Marbach am Neckar , le poète allemand Schiller qui inspira le compositeur en faisant du héros de l’indépendance de la Suisse un personnage simple mais précis dans le maniement de l’arbalète ayant su épargner son propre fils (en transperçant une pomme posée sur sa tête) mais pas la poitrine du cruel bailli Hermann Gessler !
Et ce n’est pas avec une pomme mais bien avec une Orange Mécanique que Stanley Kubrick valorisa (dans une scène explicite) l’Allegro Vivace qui termine prodigieusement l’ouverture de l’opéra de l’italien de Pesaro !