Cette nuit, mes vingt minutes de sommeil paradoxal ont été plombées par un songe plein d’inquiétants personnages masqués …
Avais- je poussé “La Porte des rêves“ et m’étais- je inopinément retrouvé dans un des quinze contes cauchemardesques de Marcel Schwob ?
C’était pourtant bien parti ; défilaient sur un vaste “campo“ vénitien Capitan et son épée, Pantalon le barbu tout en rouge puis venaient Arlequin avec sa coiffe de fou, Colombine en noir et blanc et le nez crochu de Polichinelle bossu et bedonnant !
Cela s’est gâté avec une farandole de masques effrayants réalisés par l’artiste béninois Romuald Hazoume à partir de… bidons d’essence !
Et me voici plongé par ce biais dans l’épouvantable époque de la traite négrière.
Puis se succédaient en alternance des visages de “ gueules cassées “ et de masques en papier mâché durci fabriqués en cachette par Edouard Péricourt* héros tragique de la grande guerre et dessinateur de monuments funéraires imaginaires.
Pour finir, mon rythme cardiaque et ma respiration s’accélérant dangereusement, voilà que surgit James Sheppard, médecin du village de King’s Abbot et narrateur hypocrite du roman d’Agatha Christie : « le meurtre de Roger Ackroyd » premier ouvrage et futur long-seller de la collection « Le Masque » dont la couverture jaune-orange est ornée…d’un masque noir transpercé d’une plume !
Cette dernière me chatouille traîtreusement les narines, me voilà démasqué alors que survient enfin le réveil libérateur…
* « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013