En 1627 dans la forêt de Jaktorow en Pologne le dernier spécimen de l’auroch sauvage (ancêtre de nos gros Ruminants domestiques) s’éteignit définitivement.
Cela me chagrina quelque temps avant que l’on m’offre à mon adolescence l’occasion de respirer une divine senteur méditerranéenne : de la lavande associée à la bergamote de Calabre, au poivre, à la muscade et à l’anis étoilé ; j’étais en possession d’un flacon mythique d’Eau Sauvage de Dior !
Ce terme sauvage m’intriguait terriblement, était -ce le reflet d’une fragrance fraiche, facétieuse à l’élégance intemporelle et lointaine ?
Depuis cette époque je tente de cerner la signification et les limites de la sauvagerie.
A dix ans, beaucoup trop jeune pour en apprécier l’étrangeté et le goût, le vieux professeur Isak Borg et Ingmar Bergman me troublèrent avec “leur coin des Fraises sauvages “.
Pendant mes études j’appris que le cresson sauvage pouvait être responsable de la redoutable distomatose hépatique.
Plus tard je me mis à la recherche des plus sauvages d’entre tous et découvrais dans un western de 1963 un personnage amoral, alcoolique, bagarreur et séducteur ; son existence dissolue me fascina, c’était Paul Newman (Hud dans le film éponyme de Martin Ritt).
Puis vint la rencontre à Vienne de l’écrivain, poète et surtout peintre sulfureux Oskar Kokoschka dont les premières productions furent un choc pour la critique et le public qui le qualifièrent d’“Oberwidling“, le plus sauvage d’entre tous !
Ce petit inventaire de sauvagerie variée terminé, je vous présente mes meilleurs vœux et vous suggère de débuter 2023 avec une “ Jolie Môme“, célèbre chanson de Léo Ferré interprétée comme il se doit par feu la grande Catherine …Sauvage !