Reverrais- je un jour les foulards rouges qui rehaussent la tenue blanche des habitants de Pampelune pendant les fêtes San Fermin rendues populaires par Hemingway dans “ Le soleil se lève aussi“** ?
Etudiant j’avais ainsi participé plusieurs jours en Juillet à ces festivités avec des milliers d’autres touristes agitant le précieux foulard pendant la procession , assisté tôt le matin du haut d’un balcon, trop froussard pour être volontaire, à l’encierro ( mais néanmoins supporter des intrépides coureurs de taureaux) et en fin d’après midi, m’étant fendu d’une place à l’ombre, à ma première et dernière corrida dans la vaste arène de la capitale navarraise.
Le soir au milieu de la foule, tout de blanc vêtu, fier de mon foulard rouge et d’une ceinture du même ton, je testais les innombrables bars et prenais ma première cuite ibérique au“ tinto“ et au “clarete“ !
Et bien oui, je les ai revus ces foulard rouges, mais hélas pas là où je les attendais !
Ils semblent avoir retrouvé un second souffle, suspendus fièrement aux rétroviseurs de camionnettes stationnées non loin des lacs tout le long de l’Allée de le Reine Marguerite (Margot ?) dans le bois de Boulogne…
Que font- ils là ? Qu’a-t-elle fait cette reine de France et de Navarre pour devoir accepter cette odieuse parure ?
A quoi jouent donc ces individus dénudés par tous les temps, gestionnaires de ces véhicules qui gratifient les promeneurs d’un perfide sourire racoleur ?
Et le grand Ernest, aficionado non seulement de corrida mais aussi du prestigieux Château Margaux (Margot ?) m’aurait confirmé que ces camionnettes “Au-delà du fleuve et sous les arbres“** ne sont pas “le Jardin d’Eden“* mais peut-être des“ Iles à la dérive“** et si je souhaitais savoir “Pour qui sonne le glas“** et connaître “La vérité à la lumière de l’aube“** je devrais composer avec le foulard rouge !
*Forme récente du prénom Margot (diminutif de Marguerite) en hommage au grand cru du Médoc
**Roman d’Ernest Hemingway