Between grief and nothing , I will take nothing …
Qui aurait pu imaginer que cette banale assertion d’un personnage ambigu du roman de Bill Faulkner, les « Palmiers sauvages » paru en 1939, aurait été tant analysée , tant galvaudée puis reprise 20 années plus tard dans le film culte des années 60 , emblématique de la nouvelle vague : « A bout de souffle « de Godard, par la ravissante Patricia ( alias Jean Seberg ) qui , s’adressant en français à son amant Michel Poiccard ( alias J.P. Belmondo ), lui avoue : « entre le chagrin et le néant , je choisis le chagrin , le chagrin est un compromis « , et se voit répondre: « Le chagrin , c’est idiot , moi je choisis le néant ».
Quelle salade ! On tourne en rond !
Et bien , Pascal , dans les Pensées , deux siècles plus tôt, avait déjà mis tout le monde d’accord en analysant une situation intermédiaire ( l’ennui ) ainsi :
« Rien n’est si insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans passions, sans affaires, sans divertissement , sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme l’ennui, la noirceur , la tristesse le chagrin , le dépit , le désespoir. »
Voila une salade composée plus raffinée moins banale et plus digeste !
Tout se tient , Balzac un peu plus tard offrit à Raphaël de Valentin une perfide peau (symbole de sa vie) de chagrin qui le sauva du suicide, combla provisoirement son ennui et le conduit néanmoins au néant !
Boredom , grief or nothing , your choice !