La formule oxymorique : « La Force Tranquille » (créée à l’origine par Jean Jaurès) est citée le 5 Juin 1936 dans son célèbre discours par Léon Blum puis deviendra sous la houlette du publicitaire Jacques Séguéla lors de la campagne présidentielle de 1981 un slogan pour (re)qualifier Mitterrand.
En vieil anglais, force tranquille est la signification du nom de baptême qui caracolait au firmament des prénoms les plus plébiscités en 1900 aux Etats-Unis : Mildred.
Ce prénom Mildred m’évoque deux femmes :
- L’une est Mildred Pierce, self made woman , mère de famille courageuse du roman noir éponyme des années 30 de James M.Cain, qui incarne outre la force et la tranquillité, une femme moderne et indépendante perdue par l’amour fou qu’elle porte à sa fille vénale et ingrate.
- L’autre est la Mildred d’un grand roman anglais du 20e siècle: « Servitude humaine » de Somerset Maugham dans lequel cette ignoble harpie, loin d’incarner la tranquillité , privilégie plutôt la force pour martyriser le malheureux médecin pied bot Philip Carey qui, follement épris de cette garce, lui déclare : « ça m’est égal que vous ne m’aimiez pas. Après tout, vous n’y pouvez rien .Je vous demande seulement de me laisser vous aimer. »
Songer Mildred « Force tranquille » est ce l’accomplissement d’un désir inconscient ?
Deux personnages prénommés Mildred et pourtant…
L’étymologie, l’histoire, le caractère et la compatibilité des prénoms constituent une discipline aussi difficile à appréhender que l’interprétation des rêves !
Nicht wahr Sigmund ?