Exaltation bio
Est-ce la perfide tentation d’un végétarisme à la mode qui fait qu’un de mes proches devant participer à un carnaval de printemps m’annonce que n’ayant pas un radis, il se déguisera en poireau !
Avec sa taille d’asperge et sa tête de chou-fleur je lui conseille d’aller voir du côté des créations du peintre maniériste Arcimboldo dont les œuvres offrent en matière d’agrumes un vaste choix coloré.
Mais en y réfléchissant de plus près, je me souviens qu’en attendant Godot, Estragon n’en avait pas l’arôme, que Ciboulette ne se contentait pas d’être répulsive à l’égard de la mouche de carotte mais pouvait se transformer en opérette, qu’à ce sujet Poil de Carotte ne s’en tirait pas mal grâce à Jules Renard et que Jeanne Moreau dans Moderato Cantabile (merci Marguerite Duras) avait du mal à supporter son magnolia entre les seins…
Je l’avertis de se méfier d’un tel choix car les raisins peuvent se mettre en colère (pas seulement lors de la Grande Dépression de 1929 le long des routes vers la Californie), les fraises rester sauvages pas uniquement dans la mémoire du vieux professeur Isak Borg, l’orange devenir violemment mécanique, les noisettes se casser (n’est-ce pas Marius Petitpas ?)
Mais en définitive, si le poireau ne le fait pas pisser, qu’il se pare de ce ramage, les citronniers seront bientôt en fleurs, ce sera ensuite le temps des cerises et puis, après tout ce ne sont pas mes oignons !