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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 12:40

 

Je dois confesser que les filles de petite vertu ont souvent parsemé ma vie.

Protégé par l’insouciance de la jeunesse, je me souviens m’être fait présenter par Balzac successivement  Coralie, comédienne, lorette, demi-mondaine entretenue (Les Illusions perdues) puis La Torpille (Splendeurs et misères des Courtisanes) alias Esther (nièce de l’usurier Gobseck ) que je rencontrais au théâtre de la Porte-Saint-Martin (maison de tolérance en vogue) et qui fut enterrée plus tard au Père Lachaise aux côtés de mon éternel concurrent Lucien de Rubempré, dans le splendide monument funéraire que fit élever Carlos Herrera ( (un des nombreux pseudonymes de Vautrin) en mémoire de son protégé.

Vint l’adolescence et dans  les années 60, Suzie Wong (le sex-symbol d’origine asiatique Nancy Kwan) me fit pénétrer dans son monde de prostituées de Hong-Kong, mais dans ce drame romantique*, elle me préféra le peintre Robert Lomax (William Holden) !

  Lors d’un séjour en 90 à Los Angeles, je m’attachais à une pretty woman, la ravissante Vivian (Julia Roberts) qui «péripatéticiennait“ sur Hollywood Boulevard  mais qui, en quête de reconnaissance me plaqua rapidement pour Edward Lewis (Richard Gere), un riche homme d’affaires désabusé.

Quand une autre fois je rentrai chez un fleuriste pour offrir un bouquet de camélias à une certaine Marguerite Gautier (qui ressemblait singulièrement à Greta Garbo) dont j’avais fait connaissance lors d’une réception mondaine, j’ignorais qu’il s’agissait d’une courtisane hélas atteinte de tuberculose et qui fréquentait déjà un certain Armand Duval !

J’appris  par la suite qu’un célèbre musicien (Giuseppe Verdi) lui appris le chant, la surnomma Violetta et lui présenta un dénommé Alfredo.

Je lui en ai jamais voulu et même récemment, de passage à New-York, je me rendis au Met assister à un opéra “La Traviata“ dans lequel une célèbre soprano (Diana Amrau) endossait magnifiquement son personnage !

En fin de compte, je dois reconnaître que le bilan de mes fréquentations libertines est plutôt mitigé !

 

*The World of Suzie Wong, film de Richard Quine d’après le roman éponyme de Richard Mason.

 

 

 

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