En ce début décembre la rhinotillexomanie réapparait, cette attraction de mon index pour mes narines, bercée par par la voix émouvante de Barbara entonnant Göttingen, me remémore la poésie de Heinrich Heine (qui étudia en hiver 1820 dans cette ville universitaire de Basse-Saxe) : La Lorelei (“Ich weiss nicht, was soll es bedeuten, dass ich so traurig bin“ …)*
Cette nymphe de la mythologie germanique perchée sur un rocher attirait par ses chants les bateliers du Rhin qui étaient engloutis avec leur barque au fond du fleuve et toujours pour mes lecteurs tudesques : “Das hat mit ihrem Singen die Lorelei getan“**
Dans une mythologie plus antique je pense à la belle Méduse séduite par Poséidon, jalousée par Athéna, fille de Zeus et déesse de la guerre, qui la décapita et colla sa tête sur son égide pour envoûter non pas des navigateurs mais ses ennemis !
Médusé, je reconnais l’être aussi en contemplant la célèbre photographie de Jacques Henri Lartigue représentant Nicole Groult avec ses lévriers ; cette sœur du grand couturier Paul Poiret qu’elle accompagna pour abolir le corset, vécut un amour hors norme avec la peintre Marie Laurencin pour qui elle composa le poème mélancolique « Oiseaux » (“ Tes yeux sont deux oiseaux bleus, Tes seins sont deux oiseaux blancs…“). Cette attraction de la grande bourgeoisie et la bohème ne se termina que par la fuite de l’artiste-peintre en Espagne
Et pour terminer ce papier juste avant l’Avent, je m’interroge sur l’attirance de la rue de Verneuil pour l’île de Ré et résous cette énigme dans la foulée “ Mais oui mais c’est bien sûr “ (aurait conclu Raymond Souplex !) : Ces deux sites, attirés comme le cation et l’anion hébergeaient jadis les amours passionnés de Dominique Rolin et de Philippe Sollers dans la seconde moitié du siècle dernier !
*Je ne sais pas ce que cela peut vouloir dire
Que je sois si triste...
** Et c’est le chant de la Lorelei
Qui en est la cause.