La cause en est- elle les grands vents qui, en automne dépouillent brusquement les arbres ? Un évènement douloureux de la mythologie m’a obsédé toute la nuit : Agamemnon fût contraint par un oracle de sacrifier sa fille Iphigénie afin d’obtenir en échange des vents favorables pour la flotte des vaisseaux grecs en guerre contre Troie !
Mais enfin, pour qui ces vents se prennent- ils ? Ont-ils toujours tenu tant d’importance ? Sont- ils une simple fantaisie gorgée d’alacrité ?
Certes ce sont eux qui décidèrent, dans la vallée de la Mort dans le Moyave, cet antique territoire des Indiens Shoshones, de disperser les cendres d’un géant du cinéma : Marlon Brando.
Ce sont eux qui, engendrés par un soufflet jadis actionné dans les bals populaires et les étapes du Tour de France par la légendaire et sympathique Yvette Horner, excitaient les anches libres sur les plaquettes de son accordéon.
Ils sont à jamais redevables à une croûte cylindrique en pâte feuilletée légère et croustillante de se glisser en son milieu afin de constituer depuis l’époque du pâtissier et cuisinier Marie-Antoine Carême le fameux Vol-au-vent.
Un vent sournois était toujours là pour favoriser selon René de Obaldia la pousse des racines des Sassafras et ainsi produire l’héliotropine, principe actif de l’ecstasy.
Parmi tous ces alizés je tente de faire le point et, pour achever ce soufflant catalogue, supplie Bob Dylan d’entonner “ Blowin’ in the wind“ pour escorter, non pas le vent qui joue avec les draps le matin sur les îles de Lipari faisant craindre une soudaine éruption de l’imprévisible Stromboli mais plutôt le majestueux ballet des Montgolfières en été sur la Cappadoce !
*Titre emprunté au film inachevé d’Orson Welles, récemment projeté à la Mostra de Venise