Le mois de Juin dépêche ses multiples frémissements, l’été est presque palpable, je me leste du stress et des soucis quotidiens. La quille est proche. Mais attention à ne pas se faire bouffer comme le petit s’émancipant de sa mère dans les documentaires animaliers par le prédateur à l’affût ou tel un lauréat naïf par une Mrs Robinson trop entreprenante !
Non, je me sentirai plutôt contaminé par la prochaine frénésie des futures soldes d’été, par le rite du rumspringa dans la communauté amish en Pennsylvanie ou par le souvenir dans les années 60 de la parution d’un nouvel album de Tintin.
Je suis solidaire de Stefan Zweig qui, à 19 ans à Vienne, traduisait avec enthousiasme les poèmes d’Emile Verhaeren, me retrouve un peu dans l’ambiance montparnassienne de la décennie 1920 -1930 où se nouaient les amours de Cocteau et Jean Marais, ceux d’Elsa Triolet et d’Aragon, de Picasso et Dora Maar, et ai la sensation fébrile d’être comme le minou qui ronronne de plaisir lorsque son maître lui fait miroiter un festin de croquettes Ultima !
Une mélodie enivrante m’envahit : serait- ce l’Air du Champagne du deuxième acte de La Chauve-souris (Die Fledermaus), la célèbre opérette de Johann Strauss, ou la musique d’Ennio Morricone, les Moissons du Ciel qui quotidiennement engendrait la plus grande animation au récent festival de Cannes ?
La 8e saison des délires s’achève, la quille est proche.
Bonnes vacances !