L’hiver est encore long, l’humeur est maussade, les céphalées deviennent fréquentes, la grippe guette, le gris du ciel m’afflige ; quitte à se taper la tête contre les murs, autant en choisir de colorés !
Enfin un sursaut : j’envisage un vol vers Gênes puis une virée aux villages de Corniglia et Riomaggiore du domaine des Cinqueterre, entourés de pins sculptés par la brise tombant à pic dans les eaux turquoises de la Méditerranée ? Pourquoi pas, là au moins je pourrais déambuler entre les murs de pierres séchées aux couleurs chatoyantes.
Ou vers les Fondamente Nuove à Venise puis le vaporetto de la ligne 12 pour l’île de Burano, non pas que je raffole de la dentelle raffinée brodée par les femmes au coin du feu mais bien pour les petites maisons que jadis les pêcheurs peignaient de couleur vive pour se repérer et reconnaître leur habitation en cas de brume dense, fréquente sur la lagune en hiver.
Sans bouger trop loin, je pourrais faire un saut vers la rue Crémieux dans le quartier de la gare de Lyon pour flâner entre les petits pavillons à deux étages aux façades chamarrées et de profil semblables.
Bon, vous avez compris, je tire une flemme paralysante qui me condamne à louer un DVD, par exemple “ 37°2 le matin“, le film culte de la génération 80, adapté par Beineix du roman de Philippe Djian où deux amants : Zorg (Jean-Hugues Anglade), écrivain à ses heures perdues et l’impulsive et sensuelle Betty (Béatrice Dalle) repeignaient des bungalows sur pilotis de la plage de Gruissan et roulaient dans une Mercédès jaune clinquante.
Dehors le ciel s’éclaircit, le moral revient !