Tout le monde connaît chez Proust dans la Recherche le rôle des viennoiseries , surtout les si célèbres »Petites Madeleines » dont les miettes mêlées à une gorgée de thé et effleurant le palais du narrateur le remplissaient « d’une essence précieuse » ; mais , qui se souvient dans le « Temps retrouvé » de Madame Verdurin, snobe ridicule , jalouse de l’aristocratie, tenant salon, affligée , non pas comme Proust d’un asthme constituant un « formidable obstacle à sa santé » mais d’une réelle maladie migraineuse contre laquelle elle luttait par la consommation de croissants trempés dans son café au lait ? Elle intriguait sournoisement pour obtenir du Pr Cottard (autre personnage proustien) , célèbre médecin mondain, bourré de préjugés diagnostiques et spécialiste en absurdes calembours, une ordonnance pour s’en faire préparer dans un certain restaurant…
En fait, c’était bien évidemment la caféine , par son action vasoconstrictrice périphérique (bref, ça serre l’artère !) en s’opposant à la vasodilatation artérielle méningée (bref, ça détend l’artère !) , qui calmait ses accès migraineux !
Ce que Madame Verdurin ignorait à l’époque, c’est qu’en 2009 , des études prospectives récentes ont montré l’existence d’un lien significatif entre la consommation de café (pas de croissants !) et des bénéfices cognitifs à long terme : mémoire , temps de réaction , ralentissement du déclin intellectuel (par rapport aux non consommateurs).
What else ?