L’été s’est évanoui insensiblement. Frère Jacques ne roupille toujours pas bien, le lever est proche ; encore quelques minutes pour rêver à ses Mathilde…
Jacques est un troubadour romantique, tel Henri d’Ofterdingen*il porte un amour absolu à Mathilde, sa“ fleur bleue “ (Die blaume Blume), il vagabonde langoureusement entre le songe et le monde réel.
Il est un instant Julien Sorel, aimé d’abord par la douce et naïve trentenaire Louise de Rênal puis par la séduisante et fortunée aristocrate Mathilde de la Mole et est finalement guillotiné avant de connaître l’enfant qu’elle mettra au monde après sa mort.
Il se voit Rouletabille**, journaliste mi-Tintin, mi-Sherlock Holmes pour tenter de déchiffrer les mystères de la dame en noir : l’énigmatique Mathilde Stangerson, au passé tumultueux de grande amoureuse.
Il prendrait volontiers la place d’Antoine Duléry (le volage droguiste Paulo Gatineau) sous sa tente de Camping*** des Flots bleus pour saisir dans ses bras Mathilde Seigner (la possessive Sophie Gatineau).
La sonnerie du réveil devrait bientôt retentir, quelle bonne idée de l’avoir substitué par un grand classique de Jacques Brel “ Mathilde est revenue…“
Ding, dang, dong !
Sonnez les Mathilde !
Jacques ressuscite et le grand Jean-Philippe Rameau en l’église Saint-Eustache se retourne, outragé, dans sa tombe.
*roman du poète romantique allemand Novalis
**personnage- clé du roman Le Mystère de la Chambre Jaune de Gaston Leroux
*** comédie à fort succès de Fabien Onteniente, sortie en 2006