Nous voici confinés à Paris dans notre maison close.
Bon, ce n’est pas qu’elle soit fermée pour cause de première communion comme chez Maupassant à Fécamp la Maison Tellier mais à notre grand dam pour des raisons de protection sanitaire, il ne s’agit pas dans ce cas d’une pandémie de MST et pourtant il est là aussi conseillé de ne sortir que couvert et ganté.
Ici, ni d'évêque ambivalent, ni de général ni de juge comme sur le Balcon-bordel de luxe dans le théâtre de l’absurde de Jean Genet et aucune perversion si ce n’est celle de glisser dans un tiroir trois lots de pâtes alimentaires à cuire 11 minutes, entre deux rouleaux de PQ à dérouler plus lentement dans l’inquiétude d’une improbable pénurie.
Le temps est long, même sur le plus douillet des canapés face aux images en boucle des chaînes d’information déprimantes, il est temps de se replonger dans Belle du Seigneur que peu d’entre nous a eu le courage de terminer mais sachant que la troisième épouse d’Albert Cohen, Bella Berkowich, qui a contribué pendant dix ans à taper le manuscrit de cette oeuvre fleuve , me rappelle une autre œuvre célèbre, l’Odyssée où la déesse magicienne Circé prêtera ses traits de nombreux siècles plus tard dans la partie 2 ,épisode 15 du monumental roman Ulysse de James Joyce à une autre Bella Cohen , maquerelle dominatrice qui tentera de déplumer Stephen Dedalus (Télémaque) dans son bordel sordide de Mabbot Street à Dublin ( pour ceux que ça intéresse : Stop 4380 de la ligne de bus) avant que ne négocie l’antihéros Léopold Bloom(Ulysse) la réparation d’un bec de gaz dont l’ampoule de l’abat-jour mauve pourpré fut brisée pas la canne de frêne de Dedalus que celui-ci prenait pour Nothung ,l’épée mythique de Siegfried !
Saleté de Corona, qu’est- ce qu’on délire à ne rien faire !
Alors autant reprendre pour se distraire un refrain du premier album de la chanteuse belge Angèle : Brol qui signifierait en brabançon le désordre… le bordel !