Antoine Furetière mériterait il mieux qu'une petite place dans le 12e arrondissement entre le cimetière de Saint-Mandé et le lycée Paul-Valéry?
Ce poète et lexicographe du 17e siècle est sans doute le géniteur du "petit homme qui jette du sable dans les yeux des enfants qui refusent de se coucher".
Chez moi le marchand de sable n'a probablement pas eu assez de stock pour me procurer un sommeil profond !
Ce doit être pour cela que le désert me hante.
Ai-je été influencé par le voyage en terre sainte de Pierre Loti entre l'Arabie et le monastère Sainte-Catherine sur les pentes du Mont Sinaï ?
Ou bien ai-je succombé au charme de l'héritière orpheline des hommes bleus et des femmes du Sahara: la jeune Lalla, héroïne du "Désert" de Le Clézio, dont "les larmes ont séché, les croûtes de sel faisant de petits cristaux aigus comme des grains de sable au coin de ses paupières" ?
Avec le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, "J'ai toujours aimé le désert, on s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence..."
Oui, Furetière ne mérite guère mieux car aujourd'hui, si je trouve le soir un peu de repos, ce n'est pas grâce au passage du marchand de sable, jadis employé par Nounours pour mettre au lit Nicolas et Pimprenelle, mais bien en m'abandonnant dans le regard et le sourire énigmatique d'une femme à la chevelure somptueuse, peinte par Eugène Delacroix et encensée par Baudelaire, cette œuvre exceptionnelle pleine de mystère intitulée: "La Madeleine dans le désert "!