Le gériatre est formel : ma mémoire flanche doucement car confondre giga et gigot est a priori une contre indication à reprendre dans un music-hall le rôle de Mister Memory, le phénomène qui restituait de mémoire tous types de faits ou de chiffres dans les " 39 marches " d'Alfred Hitchcock.
Je ne prétends pas à l'hypermnésie comme l'un de mes amis d'enfance géopoliticien capable de faire la différence entre tous les vertébrés à l'appendice caudal petit et triste ( chiite, wahhabite, djihadiste ou terroriste ) mais je suis plus à l'aise à découper et apprécier la cuisse d'une patte postérieure de mouton que de contrôler les méga ou gigaoctets de la mémoire d'une bécane !
Je serais plutôt proche de Mendel* , le petit bouquiniste de Galicie, non pas en raison de sa prodigieuse faculté à mémoriser les titres de centaines d'ouvrages avec pour chacun le lieu, la date de l'édition ainsi que leur prix approximatif mais surtout du fait que le brave Jakob exerçait son art dans un univers que je considère comme le lieu le plus "gemütlich" qui soit : un café viennois! ( ici devant la table du café Gluck).
Oui, quitte à transpirer sur le dernier MAC ou PC portable et se soucier des bits et des octets, autant le faire à Vienne devant un moka accompagné d'une sachertorte dans le cadre rouge et or du café Sacher ou, dans le décor cossu de miroirs et de boiseries du café Landtmann, d'un strudel saupoudré de cannelle, épice qui, c'est bien connu, stimule fortement la plasticité cérébrale et anéantit les bugs neuronaux, fructifiant ainsi la mémoire...
*Stefan Zweig : Le bouquiniste Mendel